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BIOGRAPHIE

De son vrai nom Judge Kenneth Peterson, Lucky Peterson est né en décembre 1964, à Buffalo dans l’État de New York.
Ses premiers souvenirs musicaux remontent à son plus jeune âge, puisque son père, James Peterson, possédait le Governor’s Inn, un club de blues et de jazz réputé qui drainait tous les artistes de la région et ceux de passage dans la ville. Le musicien en herbe baigne donc très tôt dans la musique et apprend en culotte courte l’essence du blues et tous ses secrets, à commencer par son message fondamental, la transcendance du quotidien qui passe par la scansion des mots et ces mélodies lancinantes aux rythmes hypnotiques… Heureux comme un poisson dans l’eau dans ce vivier de créativité, Lucky Peterson n’a jamais caché son statut d’enfant prodige et particulièrement chanceux – son nom d’artiste n’est pas usurpé !
Il l’a toujours assumé et il le chante d’ailleurs dans ce morceau majestueux qui donne son nom à son nouvel album The Son Of A Bluesman :

My daddy fed me to blues before I could walk.
I played the organ before i could talk (…).
I didn’t choose the blues, the blues chose me
Mon père m’a nourri au blues avant que je puisse marcher.
J’ai joué de l’orgue avant de savoir parler (…).
Je n’ai pas choisi le blues, c’est le blues qui m’a choisi.

Une belle profession de foi, qui prouve l’attachement viscéral de Lucky Peterson à la musique de ses origines. Une musique qui est devenue la sienne tout naturellement, jusqu’à être à la fois sa carte de visite et son langage de prédilection. Il y excelle d’autant plus qu’il est en même temps chanteur, guitariste et organiste, bref un authentique « polyglotte » du blues… Et il faut se souvenir, comme il le dit dans les couplets de The Son Of A Bluesman, que sa première expression musicale a été l’orgue, un instrument qu’il a appris en prenant des cours avec Jimmy Smith et Bill Doggett – le chant et la guitare ne sont venus que plus tard. Cette importance de l’orgue dès sa prime jeunesse – il a toujours aujourd’hui un rôle fondamental sans sa musique – est l’une des clefs de son art et explique l’intensité de sa musique et ce côté spirituel qui s’en dégage, venu en droite ligne du gospel. !

DÉBUTS EN FANFARE

Parmi les visiteurs réguliers du club de Buffalo, le jeune Lucky voit passer des grandes figures comme Muddy Waters, le passeur blues de l’acoustique à l’électricité, et aussi Buddy Guy, Junior Wells et Koko Taylor, toutes des stars montantes ou établies du blues.
Mais un musicien l’impressionne particulièrement ; il s’agit de William James Dixon alias « Willie » Dixon, un musicien de légende à la carrure d’acier, ancien boxeur devenu auteur, arrangeur et producteur, et qui a imprimé sa marque sur le son du blues de Chicago en faisant longtemps partie de l’écurie de Chess Records.
Le jeune garçon se produit devant lui alors qu’il n’a que cinq ans, jouant de l’orgue avec une étonnante agilité et chantant une poignée de chansons… Dixon est sous le choc. Persuadé qu’il vient de croiser un futur géant du blues, il décide le prendre sous son aile. L’association du colosse et de son protégé aura des retombées fertiles ; elle permet à Lucky de se produire dans toutes les grandes émissions télévisées américaines de l’époque, du « Tonight Show » à « What’s My Line ? » en passant par le mythique « Ed Sullivan Show ».
C’est là qu’il interprète notamment le morceau 1-2-3-4, une reprise du Please, Please, Please de James Brown, le « godfather of soul », arrangée pour l’occasion par le père de Lucky. Notre héros est le seul musicien de blues qui a eu droit à une telle exposition à la télévision nationale aussi tôt dans sa carrière, alors qu’il est encore un enfant ! Et c’est à la même époque, en 1969 très exactement, que son premier disque, Our future : 5 years old Lucky Peterson sort chez Today Records. C’est un best-seller, mais à cause de sombres problèmes de droits il ne rapportera pas le moindre dollar à son interprète, comme le dit aujourd’hui Lucky avec un sourire féroce…

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